Les protestataires s’élèvent contre un projet qui transforme l’hôpital en entreprise.

Publié le par MK2S TheBigmack

De René Frydman à Olivier Lyon-Caen, en passant par André Grimaldi, ils sont 25 grands noms de la médecine parisienne. La semaine dernière, ils avaient écrit un premier appel, disant qu’ils ne participerairent pas à la nouvelle gouvernance à l’hôpital, tant celle-ci transformait l’hôpital en entreprise en donnant tout pouvoir au directeur. Mécontents des réponses de la ministre de la Santé, ils lancent, dans Libération, un second appel.

«La ministre de la Santé a privilégié une communication politique qui l’a conduite, sans doute, à prendre quelque liberté avec les faits. 

1. La ministre évoque le travail qui a précédé l’élaboration de sa loi. Mais la question précise est : quelle urgence y avait-il à légiférer alors qu’une réforme venait d’être mise en place par son prédécesseur ? Quelle urgence y avait-il à en écarter les missions d’enseignement et de recherche médicale qui sont indispensables aux progrès des soins ?

2. La ministre parle d’embauches "massives". Ignore-t-elle la suppression exigée par son ministère de plus de 1 000 emplois à l’Assistance publique -Hôpitaux de Paris, de 650 à Nancy, de 400 à Nantes, de 550 au Havre, de plus de 1 000 à Marseille, de plus de 20 000 en France, au seul motif d’une gestion comptable ?

3. La ministre annonce une augmentation du budget hospitalier de 3,1 %. Ignore-t-elle que le simple maintien de l’activité, en l’état, nécessiterait une augmentation de 4,1 % ? Les capacités d’investissement et de modernisation sont réduites. L’avenir de l’hôpital public est menacé.

4. Les missions de service public sont estimées par la ministre à 12 % du budget hospitalier. La Fédération hospitalière de France, peu suspecte d’être opposée au projet de loi, estime que la part de ces missions dans le budget devrait être de 50 %. Le déficit des hôpitaux publics est donc programmé.

5. La ministre affirme qu’"à prestations égales, la différence entre le public et le privé est estimée à 30 % [de coût plus cher, ndlr] en faveur du public". La ministre ignore-t-elle que, lorsqu’on prend en compte la réalité (honoraires médicaux, assurance, examens…), cette différence tombe à 18 % et qu’elle est plus faible encore si l’on retient aussi les obligations propres au service public.

6. Pourquoi la ministre cache-t-elle la finalité de sa réforme : aligner la tarification du secteur public sur celle du secteur privé avec, pour acteurs de terrain, les nouveaux directeurs tout puissants ? Non pas, ces remarquables "professionnels de santé publique formés par l’Ecole des hautes études de santé publique" mais ceux, "venus d’ailleurs", dont la loi prévoit le recrutement contractuel, sur simple analyse de leur CV. On est bien loin de la santé publique.Lire la suite sur Liberation

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