L'or, préférez-le en bijoux

Publié le par MK2S TheBigmack

L'or, préférez-le en bijoux



Tout ce qui brille n'est pas d'or, dit le proverbe. Mais tout ce qui est d'or ne brille pas non plus forcément. Le précieux métal se valorise mieux en orfèvrerie que présenté sous forme de lingots ou de sicav. Explications du paradoxe.Publicité



En tous les cas, ces bonnes raisons additionnées ne militent pas en faveur d'un investissement dans l'or papier. Tant qu'à honorer la précieuse " relique barbare ", pourquoi ne pas la porter tout simplement sur soi ? D'une part, le bijou ignore la crise. D'autre part, son caractère précieux en fait un bien durable, une monnaie en cas de besoin, une valeur refuge quand aucun autre placement ne paraît attractif à court terme. Sans compter la dimension plaisir. Nos voisins suisses ou allemands ne s'y sont pas trompés : dans ces pays, la demande particulière pour l'or a explosé de plus de 500 % depuis le dernier trimestre 2008. Les Français ne sont pas en reste : ils détiendraient près du quart de l'or privé dans le monde.

La variété de l'offre permet à tous les budgets de s'accaparer un peu de métal jaune. Mais la plus-value à attendre d'un achat n'est pas forcément à la hauteur des espérances. " Sauf dans le cas exceptionnel de pièces uniques ou éditées en séries très limitées, la revente d'un bijou récent est toujours source d'une décote importante par rapport à son prix d'achat en boutique ", rappelle Jacques Copty. Simplement parce qu'il n'est plus considéré comme neuf mais d'occasion. En moyenne, les bijoux banals acquis, par exemple au rayon or d'un supermarché, partiront en fonderie et seront vendus pour leur poids d'or moins une décote de 20 %. Précisément, le prix à la casse de l'or s'établit actuellement autour de 15,50 euros du gramme. " A ce prix, certains investisseurs n'hésitent pas à en acheter dans l'optique d'une spéculation sur la dynamique haussière de l'or, tant elle leur paraît inévitable sur le long terme ", relèvent les deux spécialistes.

Cependant, si la sagesse ne plaide pas en faveur de l'achat en neuf, marchands et experts s'accordent à leur reconnaître un potentiel de revalorisation sur un horizon plus lointain. En 2008, le cours de l'or a tourné autour de 20.000 euros le kilo. Les prix en bijouterie ont ainsi logiquement emboîté le pas. Dès lors, ils estiment que l'achat d'un bijou signé neuf n'est pas forcément un si mauvais placement pourvu que la hausse du métal se poursuive. Jacques Copty précise même que " ces acquisitions ne seront pas toutes déraisonnables, à condition, toutefois, que la pièce achetée ne soit plus produite et qu'elle réponde aussi à la mode du moment ".

Mais dès lors que l'on est convaincu de sa préférence pour l'ancien, où acheter un bijou d'occasion ? Deux lieux se disputent le marché : les ventes publiques et les boutiques. Les opportunités existent partout. Il faut simplement s'informer régulièrement et hanter avec constance les endroits où la marchandise s'échange. L'acquéreur d'un sautoir de René Boivin à 3.400 euros chez Me Aguttes à Neuilly (juin 2008) a réalisé une bonne affaire. Il a déboursé quelque 25 euros du gramme avec les frais, alors que les pièces de ce joaillier sont rares. Jacques Copty évoque, lui, un " magnifique " sautoir Chaumet de 253 grammes des années 1970 martelé à la main. " Parti à 6.500 euros, il est resté deux heures dans la vitrine. " Attention cependant, si les commissaires-priseurs sont pourvoyeurs de bonnes affaires, il faut garder en tête qu'avec eux, en sus du montant des enchères, il faudra rajouter quelque 20 % de frais et, de surcroît, payer comptant. Surtout, ces ventes étant " habitées " par des professionnels parfaitement informés des tendances du marché, le particulier court le risque de voir ses enchères poussées à des niveaux d'autant plus élevés que la pièce semblera intéressante pour les marchands.

Enfin, avec le boom économique des pays émergents ou la manne pétrolière des pays du Moyen-Orient, les bijoux anciens ont enregistré des enchères éclatantes au point qu'il est de plus en plus difficile de dénicher de belles pièces à des prix abordables. Aujourd'hui encore, les ventes spécialisées restent encore très entourées surtout quand elles se déroulent à Hong Kong, Genève, New York. Mais l'internationalisation de ce marché et une sensibilité moindre des acquéreurs à des critères culturels propres contribuent à soutenir les résultats hexagonaux... Nul besoin donc, de traverser l'Atlantique ou les Alpes, une bonne transaction est autant affaire du hasard qu'un plaisir.

Publié dans Insolite

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