La fortune de Michael Jackson connait une rennaissance après sa mort

Publié le par MK2S TheBigmack

Bambi sera-t-il plus riche mort que vivant ? Depuis des années, Michael Jackson vivait largement au-dessus de ses moyens - «un train de vie de milliardaire pour quelqu'un qui n'était que millionnaire». Dilapidant sans compter les revenus accumulés du temps de sa gloire, il rééchelonnait ses dettes à des taux de plus en plus usuraires. Mais deux jours à peine après sa mort, Billboard, la référence américaine des classements musicaux, annonçait que Michael Jackson était déjà en passe de retrouver le sommet des charts. Partout dans le monde, ses CD se sont arrachés, provoquant des ruptures de stocks dans les magasins, quand, sur iTunes, jusqu'à sept de ses albums figuraient dans les dix premières places. Fera-t-il mieux qu'Elvis, qui a vendu plus de disques dans les six mois suivant son décès que pendant les dix années précédentes ?

Dettes faramineuses
Déjà, le King of Pop a surpassé le King tout court en écoulant 750 millions de galettes de son vivant. Outre-tombe, pour le détrôner du «Top des gains des personnalités décédées» établi par le magazine américain Forbes, il devra dépasser les 52 millions de dollars «gagnés» par Presley en 2008. C'est beaucoup plus que les médiocres 19 millions de dollars de revenus annuels, niveau auquel était retombé le mythique chanteur de Thriller, selon le Wall Street Journal.
A ses ayants droit, donc, de faire fructifier son patrimoine. Une chose est à peu près actée : le montant faramineux de ses dettes, estimé à 500 millions de dollars. Certes, les inédits sur lesquels il travaillait d'arrache-pied depuis des mois, voire des années, fourniront rapidement d'importants revenus. Pour le reste, les héritiers vont avoir du pain sur la planche. Car, pour l'instant, la valeur des biens du cadet des Jackson Five paraît difficile à évaluer.
Il y a, certes, Neverland, le ranch transformé en parc d'attractions et déserté par l'as du moonwalk en 2005. Mais depuis le rachat par Colony Capital (présent dans le PSG et Carrefour) de l'hypothèque de 25 millions de dollars jusque-là détenue par Citigroup, il ne lui appartient plus qu'en joint-venture. Thomas Barrack, président de Colony, espérait pouvoir revendre cette folie kitschissime jusqu'à 90 millions de dollars. Elle pourrait désormais accueillir un mémorial. De quoi générer quelque argent. Mais moins que ce qu'espérait lever Tom Barrack en convainquant Michael Jackson de revenir sur scène à partir de cet été. «C'est un actif sous-évalué, assurait le financier l'année dernière. Il pourrait gagner 500 millions de dollars par an s'il le voulait.»

Taux de royalties record
Mais Bambi était fatigué. Depuis HIStory, sa dernière tournée terminée en 2005, il ne chantait plus que rarement en public. Or les ventes de disques s'effondrant, les concerts et leurs dérivés sont devenus les seules machines à cash possibles. «Il était en dehors du monde depuis trop longtemps, souligne Henri de
Bodinat, PDG de Sony Music France au temps de la splendeur de Michael. Mais son problème était plus un problème de cash que de fonds propres négatifs. Il avait devant lui un couloir de royalties très important.» Celui, par exemple, de son propre catalogue d'édition, MiJac Music Inc., qui publie ses titres depuis 1979, est évalué jusqu'à 150 millions de dollars. «Il avait aussi le plus haut taux de royalties de la musique, souligne Olivier Cachin, auteur de Pop Life, la biographie qui sortira le 17 juillet. Jusqu'à plus de 50% du prix du disque, quand la majorité reçoit entre 7 et 15%.»
Michael Jackson possédait surtout ATV. Le fameux catalogue riche de 250 chansons des Beatles acheté 47,5 millions de dollars en 1985. Une magnifique affaire, dont il est contraint de céder la moitié à Sony dix ans plus tard, pour 150 millions de dollars. Aujourd'hui, Sony/ATV, étoffé par divers rachats, dont celui des droits d'Eminem ou Shakira en 2007, vaudrait entre 1 et 2 milliards d'euros selon les estimations. Mais Jackson détenait-il encore vraiment la moitié de ce pactole ? Pas sûr...
Car, en février 2006, Sony avait obtenu de pouvoir racheter la moitié de la part de Jackson à une date ultérieure et encore secrète. En échange, Citigroup avait accepté de racheter une partie des dettes du chanteur auprès de Fortress et Bank of America pour lui proposer un meilleur taux. «C'est le bordel», a sobrement résumé un représentant de Sony au New York Times.
Tous les actifs de la star paraissent avoir servi à contracter des emprunts, parfois à des taux prohibitifs : en 2005, Jackson remboursait 4,5 millions de dollars par mois sur une dette de 270 millions, selon un proche. Soit un taux annuel de 20%. Avec des dépenses inconsidérées renforcées par des procès à la pelle, des difficultés à tailler dans les coûts et, surtout, à produire de nouvelles chansons, Bambi a fait de son business une belle au bois dormant. Le baiser de la mort pourrait la réveiller.

 

ALBUMS MILLIONNAIRES

Off the Wall (1979) 15 millions d'exemplaires.
Thriller (1982) 65 à 110 millions.
Bad (1987) Plus de 32 millions.
Dangerous (1991) 30 millions.
HIStory (1995) 38 millions.
Invincible (2001) 11 millions.

Soizic Briand

Publié dans Michael Jackson

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