Nouvelle mobilisation contre le travail dominical (le dimanche)
La relance par le gouvernement du projet de réforme facilitant le travail dominical dans certains commerces et zones touristiques malgré le revers essuyé en janvier dernier a provoqué lundi une levée de boucliers.
Les syndicats CGT, CFDT et FO ont réaffirmé leur hostilité totale à cette proposition, qui doit être à nouveau soumise à l'Assemblée nationale "avant l'été", a confirmé le Premier ministre François Fillon en déplacement en Alsace.
Le syndicat des petits entrepreneurs (CGPME), qui s'inquiète pour les petits commerçants, s'est élevé contre ce projet.
"Porter atteinte à la richesse du tissu commercial français, basé sur le fragile équilibre entre les différentes zones de commerce, serait une erreur majeure alors que plus de la moitié des communes n'ont aucun commerce", dit-il dans un communiqué.
Les quelque soixante députés de la majorité de droite qui s'étaient opposés au premier projet dans une déclaration publique en novembre et avaient provoqué en janvier le renvoi de son examen, devraient encore se faire entendre.
En marge d'une visite du Premier ministre François Fillon en Alsace, le président UMP de la région Adrien Zeller s'est en effet inquiété.
"Je crois qu'il ne faut pas toucher au principe (de l'interdiction du travail le dimanche-NDLR). On peut actualiser à la marge mais en faisant très attention aux effets de contagion parce que ça peut être très dangereux", a-t-il dit.
"Si on dit qu'on peut ouvrir le dimanche dans les agglomérations d'un million d'habitants, les gens qui sont à 30 kilomètres de l'agglomération vont dire 'Pourquoi pas nous ?'", a-t-il ajouté en réponse aux questions de Reuters.
PROJET TRÈS LIMITÉ
Relancé à cinq semaines des élections européennes, ce sujet est une "marotte" de Nicolas Sarkozy autant qu'un chiffon rouge pour l'opposition de gauche et les syndicats.
Ces derniers estiment qu'il n'aura aucun impact sur l'activité et l'emploi mais constituera une première atteinte à une conquête sociale fondamentale.
François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, voit ce dossier comme "hors-sujet" dans un contexte de crise économique.
"Je pense que les salariés, qui sont en train de perdre leur emploi, vont être bien surpris que ce soit la priorité du gouvernement", a-t-il dit sur Europe 1 lundi.
Dénonçant "l'entêtement du gouvernement", Force ouvrière estime que "cette initiative est bien malvenue à la veille du 1er mai alors que la crise économique bat son plein."
Le dossier risque d'offrir aux syndicats et à la gauche un thème supplémentaire de mobilisation pour la journée du 1er mai, où élus et militants doivent défiler ensemble pour demander davantage de mesures sociales face à la crise.
Le nouveau projet, modifié après l'échec de la première tentative, elle-même déjà atténuée après des débats internes à l'UMP, devrait toutefois être d'une ambition plus limitée.
Il s'agit de permettre l'ouverture de tous les commerces de détail dans les zones touristiques, thermales et dans certaines grandes agglomérations comme Paris, Lille ou Marseille.
"Naturellement, il ne s'agit pas de faire travailler tous les Français le dimanche, il s'agit simplement de répondre à des questions très spécifiques qui concernent en particulier les zones touristiques", a déclaré François Fillon aux journalistes à l'occasion d'un déplacement consacré au plan de relance.
"Ce texte (...) tiendra compte d'un certain nombre de débats qui ont eu lieu depuis le dépôt de ce texte devant l'Assemblée nationale. Nous avons encore du travail devant nous, mais nous voulons que dans les zones touristiques, dans un certain nombre de secteurs où d'ailleurs les employés le souhaitent, la possibilité de travailler le dimanche soit offerte", a-t-il dit.
Thierry Lévêque, avec Gilbert Reilhac à Strasbourg, édité par Yves Clarisse
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